Test de la monture Sky-Watcher Star-Adventurer

Pour l'anniversaire de mes trente ans, la famille s'est montrée très généreuse. C'est ainsi que j'ai pu m'offrir le défiltrage Astrodon de mon boîtier reflex Canon auprès de Richard Galli, de même que la petite monture Sky-Watcher Star-Adventurer qui me faisait de l'œil ; et que je suis allé chercher en main propre à la maison de l'astronomie, à Paris — l'occasion aussi de papoter un brin avec Didier Favre qui en est le président.

Avant de faire mon choix, j'avais assez longuement hésité avec la iOptron SkyTracker qui me paraissait plus compacte. Mais la polyvalence et la meilleure précision de la Sky-Watcher a eu raison de la première. Un choix que je ne regrette pas ! En pack astro, la monture est accompagnée d'une queue d'aronde mâle de type Vixen pour sa fixation, d'une base équatoriale, d'une platine queue d'aronde mâle avec une vis au pas du Congrès, d'une platine queue d'aronde mâle de montage en L, d'une barre de contre-poids accompagnée de son contre-poids et d'un éclairage pour le viseur polaire. Et il faut dire que le tout est plutôt bien étudié.

Carton d'emballage
Emballage carton
Monture déballée
Monture déballée

Description des différents éléments

La base équatoriale est robuste et douce à régler. Dotée d'un trou au pas du Congrès, elle peut être fixée sur n'importe quel trépied standard. Munie d'une bulle, elle est facile à mettre de niveau. Il ne faut pas trop déserrer le frein en latitude sinon la mise en station sera difficile à réaliser à cause d'un jeu non-souhaité lors de l'ajustement. Cette attention portée, l'opération est un jeu d'enfant.

Base équatoriale
Base équatoriale,
coté nord
Base équatoriale
Base équatoriale,
coté sud

Sous la monture, un trou au pas du Congrès permet de fixer la queue d'aronde mâle de type Vixen. Pour empêcher tout risque de jeu, une seconde vis fixée sur la queue d'aronde vient se loger dans un trou borgne de la monture. Ainsi, la queue d'aronde est sévèrement arrimée à la monture ; rien ne bouge ! La tête de cette seconde vis sert également de butée de sécurité lorsque la queue d'aronde est disposée sur la base équatoriale ; pas bête. Si vous ne possédez pas une telle base ou si vous souhaitez fixer la monture directement sur une rotule, un adaptateur permet de convertir le pas du Congrès en un pas Kodak plus classique.

Monture sur sa base
Monture sur sa base,
coté est
Monture sur sa base
Monture sur sa base,
coté ouest

La monture dispose d'une platine queue d'aronde femelle de type Vixen pour fixer soit la platine à vis au pas du Congrès, soit la platine de montage en L. Si le matériel photo n'est pas trop massif, il est possible de le monter directement sur la platine à vis au pas du Congrès par l'intermédiaire d'une rotule. Cette platine dispose d'un trou borgne de chaque coté, où la vis de la platine femelle de la monture vient se loger afin de prévenir tout risque de chute si le moindre jeu mécanique devait apparaître.

Boîtier sur rotule
Boîtier sur rotule
Image de la région du Cygne obtenue avec cette installation
Image de la région du Cygne
obtenue avec cette installation

Pour du matériel plus conséquent, ou pour l'usage d'un instrument astronomique, la platine de montage en L est plus adaptée. Elle dispose de deux vis au pas du Congrès et d'une platine démontable en déclinaison, elle-même munie d'un pas Kodak, d'un revêtement caoutchouc antidérapant et d'un mouvement fin. Il est possible de visser la barre de contre-poids à l'extrémité basse de la queue d'aronde. Ceci étant fait, on dispose alors d'une véritable petite monture astro ! L'ensemble est complètement modulable, ce qui permet un grand nombre de montages différents ; avec ou sans contre-poids, pour un ou deux instruments. Très ingénieux !

Platine astro
Platine astro
Configuration astro
Configuration astro

Les freins en ascension droite et en déclinaison sont des plus pratiques. Il s'agit de grandes couronnes en plastique qu'il suffit de visser pour serrer les axes. La monture est alimentée par six piles de type (L)R6 protégées par un capot en plastique ou par une prise mini-USB. Une fois la mouture sous tension, les mouvements fins en ascension droite sont réalisés par les deux boutons poussoirs disposés sur son flanc. On y trouve également une prise autoguidage de type ST4, un sélecteur d'hémisphère et une prise jack de contrôle de l'appareil photo. En effet, la monture dispose d'un mode time-lapse qui permet d'opérer des mouvements de rotations tout en contrôlant les prises de vues et dont les paramètres sont rappelés sur le capot des piles et la couronne d'ascension droite. Sur l'autre flanc, un bouton rotatif permet de sélectionner la vitesse de suivi. Une fois la monture allumée, l'ensemble des boutons s'éclaire d'une faible et profonde lumière rouge.

Mise en station

La Sky-Watcher Star-Adventurer dispose d'un viseur polaire au réticule finement gravé. Protégé par un capot en plastique, son usage est des plus classique. Avant tout, il est préférable de vérifier son bon alignement avec l'axe des ascensions droites — ce qui était bien le cas pour ma part —, qui peut être ajusté. Après avoir grossièrement orienté la monture en direction de l'étoile polaire et mis l'ensemble de niveau, il faut commencer par apporter une légère correction au cercle des dates afin de tenir compte du décalage en longitude du site d'observation avec le méridien local de référence. Il faut ensuite faire coïncider l'heure d'observation exprimée en temps universel avec la date du jour. Enfin, en regardant au travers du viseur et grâce aux vis de réglage de la base équatoriale, il suffit d'amener l'étoile polaire au niveau de la graduation des six heures pour l'année courante.

Pour l'hémisphère sud, le viseur polaire permet un alignement sur les étoiles de la constellation de l'Octant.

Viseur polaire
Viseur polaire
Éclairage du viseur polaire
Éclairage du viseur polaire

En configuration photo, il n'est plus possible de vérifier la mise en station une fois la platine à vis au pas du Congrès installée car celle-ci bouche le viseur polaire. En configuration astro, par contre, l'opération reste possible car la platine de montage en L est ajourée. Il faudra néanmoins se passer de l'éclairage du viseur polaire, qui pourra être remplacé par une lampe tenue à bout de bras pour l'occasion.

Utilisation

Donnée pour une charge maximale de cinq kilogrammes, cette monture peut être utilisée pour réaliser des photos à grand champ ou supporter un petit instrument d'astronomie. À l'observatoire Sirene, elle nous sert notamment à supporter la lunette solaire Lunt LS50T en profitant de la vitesse de suivi adéquate. Cette monture est robuste, fiable et simple à mettre en œuvre. Un bon petit compagnon de terrain !

Ceux qui ont mesuré son erreur périodique obtiennent une valeur de trente à quarante-cinq secondes d'arc crête à crête. J'ai également soumis la mienne à la mesure, et obtenu un résultat similaire. Lors de mes tests avec un objectif de 50 mm de focale et sans autoguidage, les étoiles étaient parfaitement ponctuelles sur des poses de deux minutes, ce qui n'est le cas que pour la moitié des poses à cinq minutes. Avec un objectif de 300 mm de focale, les deux tiers des poses sont bonnes à trente secondes.

Lunt LS50T
Lunt LS50T
Mesure d'erreur périodique
Mesure d'erreur périodique

Pour cette mesure, il est à noter que les conditions n'étaient pas optimales. L'instrument utilisé était une lunette de 80 mm mal équilibrée montée sur une rotule en plastique. L'ensemble flottait allègrement par un manque cruel de rigidité.

Publié le

Jeudi 19 novembre 2015 à 12h32

Commentaires

Bonjour,

Super test merci !

Je suis très intéressé par la monture SkyWatcher Star Adventurer version astro. J'aurais besoin de savoir une ou deux choses. J'ai un réflexe canon 7D avec deux objectifs ainsi qu'une petite lunette apo de 70 mm mais seulement un trépied photo. Je cherche à faire de la photo du ciel profond avec une monture simple et pas trop cher.

  1. Est-ce la bonne solution ?
  2. Est-ce que mon pied photo va être compatible ?
  3. Quel est le temps de suivi pas théorique mais pratique réellement utilisable ?
  4. Possible de faire de la photo planétaire si on met un tube de 150 mm Maksutov pas trop lourd ?

Merci pour vos réponses. Meilleures salutations.

Bonsoir,

Cette monture n'est pas véritablement faite pour de la photo du « ciel profond », mais pour de la photo grand champ. Je pense que dans l'idéal, il ne vaut mieux pas dépasser les 200 mm de focale.

Si votre pied photo dispose d'un pas de vis standard, la monture sera compatible. Quant au temps de pose réellement utilisable, cela dépend évidement de la focale, ainsi que du niveau d'exigence. Certains n'hésitent pas à poser plusieurs minutes à 200 mm.

Pour la photo planétaire avec un T150, je ne m'avancerais pas trop. Cela dépend surtout de son poids. A priori, cela me paraît possible car ce n'est pas très exigeant en terme de suivi (les images sont faites à hautes fréquences et peuvent ensuite être réalignées), mais attention aux vibrations à fort grossissement !

Bonjour,

Votre description de la bête est très sympa. Étant également possesseur d'une SA je ne suis plus à convaincre, c'est un très chouette outil portable.

Par contre avez-vous un avis sur le port ST4 ? si on l'utilise pour le dithering ou l'autoguidage, il n'y aura jamais qu'un seul axe de corrigé, or pour le dithering bouger sur deux axes est primordiale, non ? Et pour le suivi ça ne règle qu'une partie du problème. Qu'en pensez-vous ?

Bien à vous,

Cédric

Bonjour Cédric, et merci pour ton commentaire !

Pour le dithering, c'est toujours mieux avec que sans, même si sur un seul axe. Pour l'autoguidage, c'est moins gênant. En effet, si la mise en station est bonne, la dérive en déclinaison est faible. L'autoguidage permettra surtout de compenser l'erreur périodique, ce qui est loin d'être négligeable étant donné qu'il s'agit alors de la principale source de filé.

Bonjour,

Petite question de débutant : est-ce que l'utilisation d'une rotule est ABSOLUMENT nécessaire ou peut-on, une fois la mise en station effectuée, pointer n'importe quelle portion du ciel avec l'appareil photo ?

Navré si la question est bête, je débute en astro-photo et je n'ai encore jamais fait de mise en station... Sad

Cordiales salutations à toutes et tous et merci pour les réponses, explications, conseils à venir Smile

Mythrill

Salut Mythrill !

Dans la configuration « astro » — avec la barre de contrepoids — la rotule n'est pas indispensable. Il est ainsi possible de pointer l'appareil photo en usant des axes d'ascension droite et de déclinaison de la monture. Dans la configuration classique, par contre, la rotule est indispensable car la monture ne dispose plus d'axe de déclinaison, empêchant alors de pointer toutes les régions du ciel.

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